La peur

J’étais peureuse avant. J’avais peur de plonger, peur du noir, peur de décevoir, peur de prendre la voiture, peur de mal faire.

J’étais peureuse. Et pourtant, j’ignorais tout de la peur avant. Avant de ne plus sentir mon bébé bouger dans mon ventre (pendant deux minutes), avant que l’échographiste ne lui trouve la nuque épaisse, avant que j’épie sa respiration et que même sa première nuit m’empêche de dormir, avant que je ne doive le laisser à une, deux, trois inconnues, avant qu’il ne rentre à l’école, avant qu’il ne s’y fasse taper, avant d’entendre ses cris après une simple chute… avant.

On s’habitue pourtant, on apprend à vivre avec. On croit même l’avoir apprivoisée jusqu’à ce qu’elle réapparaisse, aussi grande, aussi forte, sous une autre forme. C’est là qu’on découvre la peur pour son avenir. Juste parce qu’il ne connaît pas ses tables. « 3X5 je t’ai demandé, tu le savais il y a 5 minutes« .  On s’énerve, on crie, on passe un mauvais dimanche. Mais au lieu de dire « Je t’aime et j’ai peur« , on hurle « Non pas 25 bon sang » comme si sa vie en dépendait.

Et on comprend que, non, on ne s’habituera pas.

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Commentaires

J’ai découvert la peur aussi en devenant maman, et j’ai l’impression que plus elle grandit, et plus j’ai peur…
J’en suis encore à craindre la mort subite, à stresser quand elle a un peu de fièvre et qu’elle est grognon…
Apparemment la peur n’est pas prête de me quitter, va falloir qu’on apprenne à cohabiter!

C’est ce qui nous rend humains aussi, il ne faut pas le voir forcément comme une chose négative mais comme une des manifestations de l’amour.

Je vis avec la peur au ventre depuis mi-janvier :
http://cathnounourse.blogspot.com/2012/01/2012-commence-mal.html

euh?!? et un petit travail sur toi? Histoire de tenter de ne pas leur transmettre tes peurs?
Ici j’ai bien plus l’impression qu’avec Fiston qui a naturellement tendance à angoisser, on se renforce notre capital confiance mutuellement: il doute, il me fait douter intérieurement mais je tache de rester confiante en surface et je lui insuffle un peu de cette confiance et finalement il réussit. Du coups si lui doute encore moi je doute de moins en moins.

Qu’est-ce qu’il me parle ce billet ! J’aime beaucoup…

Cathnounourse : je viens de lire, courage à toi, courage à vous. Je crois qu’Electroménagère a raison, la peur est une manifestation de l’amour. On n’a plus peur de rien lorsqu’on a rien a perdre. Bises.

Ginie : ah en effet, je viens de relire mon billet et je comprends qu’il te parle…

Cette peur on ne la domine jamais et pire elle grandit avec eux. Pour ce qui nous concerne, la peur qu’ils se trompent d’Orientation nous tenaille aujourd’hui. On les conseille mais on ne veut pas les influencer et pourtant…
Mais on le sait, il faut les laisser choisir, apprendre, assumer, voir se tromper ; en résumé les laisser « grandir » !
On le sait mais on a mal au ventre…

Ahh, les laisser grandir…

Comme elle me parle cette peur. Ma mère l’ a eu vant moi et faisait la chasse aux tres bien des le CP. Je m’ étais dis que jamais je ne deviendrai comme elle et pourtant alors qu’il est a peine en grande section, j’ ai déja peur de son echec. Ses problemes de graphisme, de motricité fine, m’ effraient chaque jour et je ne sais pas comment effacer les craintes.
Merci pour cet article

De rien, je vois qu’elle résonne en nous toutes cette peur.

Pas Glop !
J’ai peur de ce qu’il m’attend ;-)
A peine 3 ans…
Love
Gaëlle

Que du bon sans doute !

Un article qui sonne comme un écho chez moi.

Tu as entièrement raison. On croit savoir, mais non et le pire, c’est qu’on ne s’habitue pas.

Et oui, cette peur est là, tout le temps !! On croit qu’elle s’atténue, mais non, elle repart de plus belle au moindre pleur, chute, excès de fièvre … Et Petit bonhomme n’a que 2 ans !!!

tout pareil…

IL y a des moments où le soir on fait l’état de sa journée et au lieu d’éêtre réjoui de ce qu’on a fait avec les enfants, on se sent des monstres parce nous avons trop crié, pas pris les bonnes décisions, ne pas les avoir écouté ou demandé leur avis, ce qui aurait pu éviter ces clash…
On les aime tellements mais ils sont tout aussi énervant.

Peur qui ne m’a plus lâché depuis mon premier mois de grossesse quand j’ai prié pour qu’elle s’accroche malgré tout ce qui m’arrivait pendant ce temps là… Quand à l’avenir, j’essaie de relativiser sinon on est fichues ! la table de 5 il finira par la connaître, dans 2 jours, une semaine ou 1 mois j’en suis sûre.
J’ai fait un gros travail sur moi par rapport aux devoirs, j’en ai parlé en début d’année scolaire, c’était nécessaire car la détresse qui s’affichait sur le visage de ma fille quand je lui criais dessus pour une lettre mal faite, je ne veux plus la revoir… et pourtant je ne suis pas du tout patiente de ce côté là…

Pareil pour J. un mois alitée avec la peur de me lever 2 minutes et de la perdre. Bravo pour les devoirs, j’aimerais avoir cette sagesse. La maitresse de M. m’a dit « Il ne faut pas le dégouter avec les multiplications »…

Il n’y a pas que les mamans qui ont peur. Les craintes vis-à-vis des enfants est légitime à tous les parents. D’un côté cela rassure, si l’enfant était parfait, ne se poserait-on pas des questions ?

Bah non, c’est cool un enfant parfait… jusqu’à l’adolescence sans doute !

écho chez moi aussi, vraiment fort.
l’avantage de la peur, c’est qu’elle chasse le sentiment d’invulnérabilité.
Nos vies sont miraculeuses, sachons en profiter :)
Bonne semaine!!! (le 9 x 7, il est compliqué aussi)

On s’est arrêtés à la table des 5, ouf !

Joliment dit…

merci

Très juste, très vrai… brrrrr, ça fout les jetons, mais c’est tellement vrai…

tellement vrai… tellement incontournable…
keep calm and be strong!!!

Tellement vrai… non on ne s’habitue pas, on essaie juste de la maintenir à une distance raisonnable…

Voilà, une distance raisonnable, c’est ça !

Un beau billet plein de vérité et d’authenticité. Pas facile d’être parents mais c’est chouette quand même, surtout quand ils réussissent… parce qu’ils réussissent toujours non :-)

Pour l’instant oui ;-) Merci en tout cas.

Je me reconnais totalement dans ce billet… Oui, la peur est présente, latente, toujours au fond de nous, et, quand on pense avoir dépasser cette peur, on s’aperçoit qu’une autre arrive, et là, nous savons, il n’y a pas « la peur » mais « des peurs », parce que, effectivement, devenir maman c’est avoir peur, tout le temps, mais la peur est alors pour nos enfants.
Je ne connais que trop bien ce stress des « devoirs » où, on se demande, sans cesse, « est-ce normal qu’il ne sache pas? Qu’est-ce qu’il va devenir s’il continue comme ça? » Le plus important reste de ne pas leur transmettre nos peurs, et c’est là où cela devient compliqué.
En tout cas, ce billet et les commentaires qui en résultent, l’écho qui se fait en chacun de nous, prouve bien que la parentalité attise les mêmes angoisses chez chacun…

En effet, c’est rassurant de voir qu’on a toute cette boule dans un coin.

j’ai fait le même constat que toi! Mais là c’est bien écrit!

merci !

C’est un peu comme pour la fatigue! Il me semble que c’est en devenant parent qu’on découvre vraiment le sens de ce mot!! :-D

Bises

Ah oui, la fatigue !!!

Curieusement, j’ai arrêté d’avoir peur depuis que mon fils aîné (20 ans) galère comme musicien professionnel… J’ai passé toute sa scolarité à essayer de le convaincre de bien travailler à l’école, au collège, au lycée…Il a eu son bac sans avoir rien fait de l’année, a testé la fac de musique, d’anglais sans aller au bout, bref le seul truc qui le botte c’est d’être sur scène et de jouer de la guitare ! Maintenant je me dis: il n’est pas malade, il aime ce qu’il fait, où est le problème ? Je suis sûre qu’un jour il réussira à faire ce qui lui tient à coeur. Parents, faites confiance à vos enfants !Le but, c’est qu’ils soient heureux, non ?

Il a trouvé sa voix, ça le rend heureux. C’est chouette (vu de loin !)

Peur voila. Tout le temps, depuis le signe positif sur le test de grossesse.

Et même un peu avant « mais quand est-ce que je vais tomber enceinte ? »

Merci pour ce partage, je pensais être une hyper angoissée..en fait, je suis certainement juste une mère.

Voilà ;-)

Bien résumé

Tu peux aussi ajouter la peur avant, comme lorsque tu angoisses parce que ce foutu test de grossesse reste négatif !
J’essaie de freiner la pression que je suis tenté de lui mettre sur ces petites épaules, mais parfois c’est pas faciel de se contrôler ! Tu crois qu’il va arriver à manger proprement avec sa cuiller avant l’école de septembre ? J’en suis là oui et je te prie de ne pas rire !
des bises

Oui, tu as raison « Et si je n’y arrivais pas ». Pour manger proprement, je te rassure, le mien mangeait à la cuillière chez la nounou mais chez moi, il n’a jamais voulu le faire jusqu’à longtemps après la rentrée. Il voulait rester le bébé ‘alors que sa soeur allait arriver hum !)

Ma mère disait « Lorsque tu auras un enfant tu ne dormiras plus jamais paisiblement. »

C’était sa manière de dire que toutes les mères seront toujours inquiètent pour leurs enfants et ceux jusqu’à leur mort. C’est effectivement une pression constante qu’on subit.

Ta mère avait raison. Je veux dormir moi pourtant ;-)

je me retouve énormément dans ce billet… Il m’arrive de me trouver ridicule d’avoir peur pour ma fille à ce point, mais je nepux pas m’en empêcher!

comme souvent je te lis sans commenter, là je reviens pour te dire : j’ai peur tout le temps depuis le 7 octobre 2004 et depuis le 22 mars 2006 j’ai deux fois plus peur !!!!

C’est tellement juste… j’en ai eu les larmes aux yeux à vous lire
En devenant parents, on sacrifie son insouciance… et pourtant, pour rien au monde, on ne voudrait revenir en arrière, pas même pour la récupérer, n’est-ce pas ?…

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